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En 1942, 40 000 soldats américains débarquent en Nouvelle-Calédonie, triplant ainsi la population de l'île.

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Nouvelle-Calédonie
Carte de Nouvelle-Calédonie

Île du Pacifique Sud, en Océanie (Mélanésie ), à 1 500 km au nord-est de Brisbane (Australie ), à 1 700 km au nord-ouest de la Nouvelle-Zélande et à 500 km au sud-ouest de Vanuatu.

Avec ses dépendances (îles Loyauté, île des Pins, Chesterfield, Walpole et Huon ), la Nouvelle-Calédonie (ou Grande Terre ) constitue un territoire français d'outre-mer (TOM ) ; 18 575 km 2 ; 230 789 habitants [2004] (Néo-Calédoniens ). Chef-lieu Nouméa.

Le Territoire est divisé administrativement en trois provinces : province Nord (partie septentrionale de la Grande Terre avec les îles Belep ; 43 590 habitants ) [1998 ]; province Sud (partie méridionale de la Grande Terre avec l'île des Pins, 137 550 habitants [1998 ]; îles Loyauté : Ouvéa, Lifou et Maré ).


Géographie

Relief et climat

Entre 159 ° et 172 ° de longitude Est, et entre 19 ° et 23 ° de latitude Sud, la Grande Terre (16 000 km² ) s'allonge du nord-ouest au sud-est sur 400 km ; sa largeur varie entre 40 et 50 km. Elle est traversée du nord au sud par une chaîne de massifs montagneux culminant au nord au mont Panié (1 628 m ), et au sud au mont Humboldt (1 618 m ) et dans le massif du Kouakoué. Cette chaîne centrale coupe l'île en deux régions distinctes : à l'est, les montagnes, coupées de vallées profondément encaissées, à la végétation luxuriante, descendent de manière abrupte vers une côte découpée ; à l'ouest, les montagnes descendent en pente plus douce ; leurs vallées alluviales forment une large plaine côtière vallonnée, propice aux cultures et à l'élevage. L'île est ceinturée par un récif-barrière, bordant un lagon navigable, le plus grand du monde par la superficie (22 000 km² ).

L'île des Pins (180 km² ) et l'île Walpole au sud, ainsi que les îles Belep, Surprise et Huon au nord-ouest sont des prolongements géologiques de la Grande Terre. À environ 100 km au large de la côte orientale, les îles Loyauté, atolls coralliens, ont un relief plat : Maré culmine à 129 m, Lifou à 39 m et Ouvéa à 38 m. Au nord-ouest, les îles Chesterfield forment un troisième groupe d'îles à environ 400 km au large de la côte de la Grande Terre.

Soumise aux alizés du sud-est, mais généralement épargnée par les cyclones, la Nouvelle-Calédonie jouit d'un climat tropical tempéré. La moyenne des températures annuelles varie entre 23 °C à Nouméa et 26 °C au nord ; les pluies tombent en été (décembre à mars ), la côte orientale sous le vent recevant une moyenne de précipitations annuelles de 2 000 mm, contre 1 000 mm sur la côte ouest où une savane boisée et le maquis ont remplacé la forêt primitive.

Population

Lorsque les Français prirent possession de l'île, en 1853, la population indigène kanake était d'environ 50 000 personnes. Après avoir décru jusqu'à 27 000 personnes au commencement du XXe siècle, cette population a recommencé à croître, particulièrement à partir des années 1950. Au nombre d'environ 87 000 [1996 ], les Kanaks constituent aujourd'hui 44,1 % de la population (pourcentage qui ne cesse de croître ); les Néo-Calédoniens d'origine européenne (Caldoches ), au nombre d'environ 68 000, représentent 34,1 %; les Wallisiens et les Futuniens, 9 %; les Tahitiens, 2,6 %; les Indonésiens, 2,5 %; les Vietnamiens, Laotiens et Cambodgiens, 1,9 %; autres : 5,8 %.

Avec plus de 100 000 habitants [1998 ], le Grand Nouméa (englobant Nouméa et les communes de Dumbéa, Païta et Mont-Dore ), à la pointe méridionale de la Grande Terre, rassemble près de 60 % de la population totale du territoire.

Économie

L'agriculture (cultures vivrières : manioc, céréales, igname, taro, patate douce ; et cultures de plantation : cocoteraies, café, bananes ) et l'élevage (bovin, caprin et porcin ) occupent environ 28 % des actifs, mais fournissent respectivement à peine 5 % et 2 % du PNB. La richesse de l'île repose avant tout sur le nickel, dont elle détient 30 % des réserves mondiales (2e producteur mondial ): 58 % du minerai est transformé en ferronickel et matte de nickel. Mines à Thio et Pin Pin avec raffinage à Doniambo, à Nouméa et à Yaté. La Grande Terre recèle également du cobalt, du chrome, du cuivre, du fer, du manganèse et de l'or. Malgré ce riche potentiel, la Nouvelle-Calédonie, avec un PIB annuel par habitant de 88 772 F [estimation 1999 ], dépend de la métropole, à laquelle est destinée la moitié des exportations. Nouméa a un aéroport, ainsi que l'île Lifou. Le tourisme est en expansion (91 121 visiteurs en 1996, soit une progression de 5,6 % par rapport à l'année précédente ). On compte 5 762 km de routes, dont 52 % sont asphaltés.

En 1999, une campagne de prospection de l'Ifremer a confirmé la présence d'un BSR (réflecteur sismique montrant l'existence d'une couche souterraine d'hydrates de gaz ) d'une superficie de l'ordre de 70 000 km². Par ailleurs, l'existence de dômes de sel, vers 3 500 m sous la surface, pourrait être le signe de gisements d'hydrocarbures. Ces dômes, associés aux hydrates de gaz, peuvent en effet constituer des pièges à hydrocarbures et des lieux de concentration et de remontée de ceux -ci vers la surface.

Histoire

Comme le rappelle opportunément le préambule des accords de Nouméa (1998 ), le territoire dont la France prit possession, le 24 septembre 1853, «n'était pas vide ». Les fouilles archéologiques ont mis au jour les traces d'une première vague de peuplement, vers 1500 avant J.-C., venant sans doute de l'île de la Nouvelle-Guinée. Cette population s'est enrichie, au cours des XVIe et XVIIe siècles de notre ère, d'apports polynésiens, particulièrement dans les îles Loyauté.

L'arrivée des Européens

L'île avait peut-être été aperçue en 1768 par Bougainville au cours de son voyage de découverte dans le Pacifique, mais le premier navigateur européen qui y débarqua fut le capitaine James Cook, le 4 septembre 1774 ; trouvant aux côtes de l'île une ressemblance avec celles de l'Écosse, il la nomma Nouvelle-Calédonie. Longeant ensuite la côte est vers le Sud, Cook découvrit et nomma l'île des Pins, en raison de l'abondance des araucarias. La Grande-Île fut visitée l'année suivante par La Pérouse. Si l'on excepte quelques forçats britanniques évadés des bagnes de l'Australie et autres aventuriers, qui s'établirent au cours du XIXe siècle sur la côte, les premiers établissements européens furent le fait de missionnaires : britanniques et protestants, venant des îles Loyauté en 1840, puis français et catholiques (maristes ) en 1843. En 1853, devançant les prétentions du Royaume-Uni, la France annexa le territoire qui, jusqu'en 1885, fut placé sous commandement militaire. De 1864 à 1896, l'île abrita, près de Nouméa, une colonie pénitentiaire, où furent notamment déportés de nombreux prisonniers politiques après l'écrasement de la Commune. La découverte du nickel, par l'ingénieur Jules Garnier, en 1864, ouvrit la voie à un changement radical dans le développement économique de la Nouvelle-Calédonie ; mais cette mise en valeur s'effectua largement aux dépens des indigènes kanaks, qui s'insurgèrent plusieurs fois, notamment en 1878, sous la conduite du grand chef Ataï. Faisant appel à de la main-d'œuvre importée d'Asie du Sud-Est (Indochine et Indonésie ) et des Nouvelles-Hébrides (aujourd'hui Vanuatu ), l'exploitation du minerai ne commença réellement qu'à la fin du siècle.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie servit de base aux opérations alliées contre les Japonais dans le Pacifique Sud.

Le statut de territoire français d'outre-mer (TOM ), acquis en 1946, a été confirmé par référendum en 1958. Après la fondation, en 1982, d'un mouvement indépendantiste, le Front de libération national kanak socialiste (FLNKS ), un nouveau statut, en 1984, ouvrit la voie à l'autodétermination. En 1987, tout en permettant l'accès à une plus grande autonomie interne, un nouveau référendum confirma le maintien de l'île au sein de la République française ; mais cette consultation, boycottée par le FLNKS, n'empêcha pas qu'éclatent de sanglants incidents entre les indépendantistes kanaks et les anti-indépendantistes, en grande majorité caldoches, regroupés au sein du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR ), proche du RPR. En mai 1988, sur l'île d'Ouvéa, dix-neuf Kanaks et deux gendarmes périrent dans l'assaut d'une grotte par un commando militaire qui voulait libérer un groupe d'otages détenus par des indépendantistes.

Les accords de Matignon

Le 26 juin 1988, après les changements politiques intervenus en métropole à la suite de la réélection de F. Mitterrand à la présidence de la République et l'accession de M. Rocard aux fonctions de Premier ministre, les accords de Matignon ramenèrent la paix en définissant de nouvelles perspectives politiques pour le Territoire. Conclus entre le RPCR, le FLNKS (alors dirigé par J.-M. Tjibaou ) et le gouvernement français, ces accords prévoyaient, après une reprise pendant un an de l'administration directe du Territoire, l'entrée en vigueur, pour une période intérimaire de dix ans, d'un nouveau statut, avec un système institutionnel garantissant un meilleur équilibre des responsabilités respectives des Caldoches et des Kanaks jusqu'à l'organisation d'un référendum d'autodétermination. En novembre, ces accords furent confirmés par un référendum national sur la loi «portant dispositions statutaires et préparatoires à l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie en 1998 ».

Vers la souveraineté partagée

Au cours de ces dix années, la paix civile étant revenue en Nouvelle-Calédonie, le RPCR, représentant les tenants de l'autonomie au sein de la République française, et le FLNKS, partisan de l'indépendance, recherchèrent une solution consensuelle qui permettrait d'éviter la solution «couperet » du référendum prévu par les accords de Matignon. Après la levée, en février 1998, du « préalable minier », que le FLNKS opposait depuis avril 1996 à la reprise des négociations sur l'avenir institutionnel du territoire, le rapprochement des points de vue permit de déboucher sur la signature de nouveaux accords. Signés le 5 mai 1998, les accords de Nouméa ont fait entrer le Territoire dans une ère de «souveraineté partagée ». Ils prévoient, après la mise en œuvre préalable d'une réforme de la Constitution française, l'organisation «dans vingt ans » (après quinze ans seulement si le Congrès réunissant les trois assemblées provinciales décide de l'avancer ) d'une consultation de la population locale sur le transfert à la Nouvelle-Calédonie des «compétences régaliennes » – justice, ordre public, défense, monnaie, affaires étrangères –, son «accès au statut international de pleine responsabilité » et «l'organisation de la citoyenneté en nationalité ». Durant cette période transitoire, l'archipel bénéficiera d'une très large autonomie. Les lois constitutionnelles et les projets de lois organiques détaillant le fonctionnement des institutions spécifiques mises en place dans le cadre de l'accord de Nouméa ont été définitivement entérinés par le Parlement, le 16 février 1999.


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